NouvellesProjetsCampagnesSolidar SuisseFaire un don

Rien que de l"air chaud

 27. 02. 2015  
Les offres de protection du climat de la Suisse, présentées aujourd’hui par la Conseillère fédérale Leuthard à l’ONU, ont été analysées par l’Alliance climatique et jugées complètement insuffisantes : dans 14 critères d’évaluation sur 16, la proposition du Conseil fédéral ne correspond pas à ce qui est exigé par une politique climatique efficace et équitable.

Si tous les pays se fixent des objectifs aussi modestes, il n’y a aucune chance de garder le réchauffement climatique en-dessous de 2 degrés. « C’est aux pays nantis comme la Suisse de faire plus », déclare Jürg Staudenmann d’Alliance Sud, « alors que les personnes qui souffrent du changement climatique se trouvent déjà aujourd’hui dans les pays en développement ». C’est aussi dans l’intérêt de la Suisse d’améliorer urgemment ses objectifs. C’est ce que soulignent les plus des 34'000 signataires (à ce jour) de la pétition sur le climat.

Dans l’objectif de réduction, la Suisse se réfère à des projets à l’étranger non définis et elle n’explique pas quelle est leur part par rapport aux réductions des gaz à effet de serre à l’intérieur du pays. Cela contredit les décisions prises à la conférence sur le climat de Lima. Car on ne peut ainsi pas exclure que les réductions réalisées à l’étranger soient aussi comptabilisées par le pays hôte et donc comptées à double.

L’objectif évoqué à la conférence de presse de réduction des émissions de CO2 à l’intérieur du pays d’au moins 30% jusqu’en 2030 signifie qu’à partir de 2020 la Suisse ne va réduire ses émissions que de 1% par an. Pour rappel : aujourd’hui ce sont 2% et pour une politique climatique compatible avec l'objectif des 2 degrés, 3% au moins seraient nécessaires. « Ainsi la Suisse freine ses efforts de protection du climat et elle se fait aussi clairement dépasser par l’UE ou même par les Etats-Unis, qui prévoient une diminution de 2% par an », constate Patrick Hofstetter, coordinateur de l’Alliance climatique et expert climatique du WWF Suisse. «  Pour les plus de 50 organisations de l’Alliance climatique, dont Solidar Suisse fait partie, c’est absolument insuffisant et inacceptable », conclut-il. Ce recul des taux de réduction est catastrophique pour la contribution suisse à la protection internationale du climat, mais aussi pour toutes les entreprises qui se sont déjà investies sur le sujet.

Dans le financement international du climat, la Suisse ne s’engage à rien, selon les données présentées aujourd’hui à l’ONU. La question de savoir si et comment la Suisse est prête à introduire un système du pollueur – payeur, selon lequel les émetteurs de  CO2 doivent payer pour ses conséquences, reste entièrement ouverte.

La conclusion de l’Alliance climatique est claire: la proposition du DETEC pour la politique climatique est insuffisante sur presque tous les points. Le paquet proposé doit retourner au Conseil fédéral et être amélioré sensiblement d’ici la conférence sur le climat de Paris. Sinon elle va être co-responsable d’un possible échec du nouvel accord international de protection du climat.