NouvellesProjetsCampagnesSolidar SuisseFaire un don

L'aide au développement détournée

 29. 02. 2012  

Dans le cadre de sa stratégie sur les matières premières, l’Union suisse des arts et métiers (USAM) voudrait faire dépendre l’aide au développement d’un accès privilégié aux matières premières. Ce faisant, l’USAM établit un lien très clair entre aide au développement et accès sans réserve à de nouveaux marchés.

 

Durant la prochaine session parlementaire, le Conseil des Etats examinera une motion de l’UDC exigeant que l'aide au développement soit octroyée uniquement aux Etats disposés à reprendre leurs requérants déboutés. Les Etats adoptant une attitude non coopérative seraient sanctionnés. Une telle stratégie pourrait aboutir, en raison de la non-coopération d'un tyran avec la Suisse, à retirer toute aide à la population victime dudit tyran.

 

Ces exigences laissent pantois. Elles visent à instrumentaliser la coopération au développement, afin de satisfaire des intérêts purement suisses. Des intérêts économiques s’agissant de l’USAM. Une volonté de stopper l’immigration dans le cas de l’UDC.

 

Dans une telle logique, la coopération au développement est vidée de sa substance. Or, son but premier consiste à lutter contre la pauvreté et à promouvoir davantage de justice sociale. Cela implique un travail de longue haleine, afin de garantir une existence digne aux populations du Sud.

 

Au lieu d’utiliser l’aide au développement pour défendre ses propres intérêts, l’USAM devrait se poser la question suivante: comment notre économie pourrait-elle contribuer à combattre la pauvreté? Elle pourrait, notamment, exiger que tout accord de libre-échange comporte des standards sociaux et environnementaux. Par exemple dans le cadre des négociations actuelles avec la Chine.

 

Ruth Daellenbach

Directrice de Solidar Suisse