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Multinationales en laisse

 25. 01. 2012  

Manifestation à Davos

 

L’alliance «Droit sans frontières» a organisé, aujourd’hui à Davos, une manifestation intitulée «Multinationales en laisse». Quelque 50 personnes ont promené des «chiens invisibles» au bout d’une laisse, à travers les rues de Davos. Des représentants de Greenpace International et d’Amnesty International ont  rappelé l'exigence de la campagne «Droit sans frontières»: obliger les multinationales sises en Suisse à respecter, partout dans le monde, les droits humains et les standards environnementaux.

 

Lors de la manifestation à Davos, Kumi Naidoo, de Greenpeace International, a évoqué les nombreux cas de pollution massive de l’environnement par des multinationales: Shell au Nigeria, Trafigura (qui a son siège opérationnel en Suisse) en Côte d’Ivoire, ou encore Danzer (également sise en Suisse) en République démocratique du Congo. Les personnes qui subissent de tels dommages écologiques ont beaucoup de peine à accéder à la justice et à contraindre les maisons-mères à rendre des comptes.

 

Salil Shetty, d’Amnesty International, a rappelé que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a récemment adopté des Principes directeurs sur la question ''droits humains et entreprises''. Ils établissent clairement que les Etats ne sont pas les seuls à devoir respecter les droits humains économiques, sociaux et culturels. Cette obligation vaut aussi pour les entreprises. Tous les gouvernements, en particulier ceux des pays industrialisés, doivent maintenant prendre des mesures pour mettre en œuvre les principes de l'ONU.

 

Peter Niggli, directeur d’Alliance Sud, la communauté de travail des organisations de développement, a appelé les autorités suisses à instituer des règles contraignantes pour les multinationales. Jusqu’ici, la Suisse s’en est tenue à l’autorégulation des firmes. Plusieurs cas de violation des droits humains et des standards environnementaux montrent cependant que cela ne suffit pas. La Suisse a une responsabilité spéciale, en tant que siège d’un nombre particulièrement élevé de multinationales actives dans des secteurs à haut risque écologique et social, comme la branche des matières premières.

 

«Droit sans frontières» est une alliance qui fédère plus de 50 organisations de développement et de droits humains, d’associations environnementales et de femmes, de syndicats et groupements critiques d’actionnaires. Elle demande, dans une pétition, au Conseil fédéral et au Parlement d’établir des règles contraignantes afin que les entreprises ayant leur siège en Suisse respectent les droits humains et les standards environnementaux partout dans le monde. Les victimes doivent pouvoir porter plainte en Suisse contre les maisons mères responsables d'exactions.