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Bolivie

  

La Bolivie reste certes le pays le plus pauvre d’Amérique latine, mais elle affiche depuis quelques années des taux de croissance économique positifs. Depuis l’entrée en fonction, en 2006, du gouvernement d’Evo Morales, premier président autochtone depuis l’indépendance coloniale, le PIB global et le PIB par habitant ont doublé. Il faut savoir que les prix élevés des matières premières (gaz, minerais) sur les marchés mondiaux alimentent depuis plusieurs années le boom économique du pays. L’Etat a toutefois également renforcé son rôle dans l’économie et procédé à des renationalisations dans l’industrie minière et dans celle des matières premières. Avec 6,5%, la Bolivie enregistrait en 2013 son taux de croissance le plus soutenu depuis plus de deux décennies. Cet essor a permis à la Bolivie de rejoindre les rangs des pays à revenu intermédiaire et sensiblement réduit la pauvreté. Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), la pauvreté relative a chuté de 62 à 54% entre 2002 et 2009, tandis que la pauvreté absolue passait de 37 à 31%. Le rapport du PNUD sur le développement humain confirme cette tendance, mais relève aussi que les inégalités sociales se creusent. La Bolivie occupe le 103e rang sur 187 dans l’indice du développement humain (IDH).

Sous la présidence d’Evo Morales, la Bolivie s’est dotée d’une nouvelle Constitution. Celle-ci a renforcé les droits des peuples indigènes et initié des mesures de redistribution en faveur des groupes pauvres de la population. Sur le plan extérieur, la Bolivie a adhéré à l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA). L’action du gouvernement Morales ne fait cependant pas l’unanimité. On lui reproche souvent son autoritarisme et son manque de respect pour les règles de la démocratie. On accuse aussi le parti gouvernemental de se soucier avant tout de son maintien au pouvoir. Ces dernières années, les conflits sociaux se sont considérablement multipliés, par exemple avec les peuples autochtones ou les syndicats. Pendant ce temps, le gouvernement n’a cessé de consolider sa position: il contrôle désormais le parlement, la justice et l’autorité électorale. Les personnes qui osent le critiquer dans les médias, de même que les ONG, sont attaquées de toutes parts. Des élections présidentielles sont prévues en octobre 2014, auxquelles Evo Morales – après dissipation de doutes relevant du droit constitutionnel – sera à nouveau candidat et qu’il a beaucoup de chances de remporter pour rester en poste jusqu’en 2019.

En pleine mutation politique, la Bolivie est aujourd’hui face à un défi de taille: elle doit concevoir un nouveau «contrat social» adapté à une société démocratique et pluriethnique, trouver un équilibre entre droits humains collectifs et individuels, et améliorer durablement les conditions de vie des couches marginalisées de la population.

 

Les jeunes comme espoir démocratique

Solidar est active en Bolivie depuis 1985. En collaboration avec des organismes de la société civile, tels des syndicats, des organisations de la base et des ONG locales, elle défend les droits des groupes de population défavorisés, afin qu’ils puissent en particulier prendre part aux décisions politiques et bénéficier aussi de la prospérité nationale. Ses programmes s’attachent à promouvoir les droits démocratiques, les droits humains, la justice sociale, l’interculturalité et l’obligation de l’Etat de rendre des comptes aux citoyen-ne-s. Pour atteindre ces objectifs, le travail avec les jeunes revêt une importance toute particulière: des activités culturelles, comme des pièces de théâtre ou des films, stimulent la discussion autour de thèmes sociétaux et la capacité à s'engager dans le débat démocratique.

Solidar réalise par ailleurs en Bolivie plusieurs projets sur mandat de la Confédération (DDC). Le principal d’entre eux est un programme destiné à promouvoir la démocratie et à améliorer le service public au niveau communal.
 

Travail équitable et nouveaux emplois: un élément clé de la lutte contre la pauvreté

En Bolivie, deux tiers des habitants vivent encore dans la pauvreté. Pour qu’ils puissent en sortir durablement, il faut avant tout de nouveaux emplois et des conditions de travail décentes. Un minimum de sécurité matérielle constitue, en outre, un préalable à une véritable participation au processus démocratique. C'est pourquoi Solidar s'engage aux côtés des travailleurs précaires tels les ouvriers agricoles, les coupeurs de canne à sucre et les employé-e-s de maison. Elle contribue à renforcer leurs droits, grâce à des cours de formation continue, à des campagnes d'information et à la promotion du dialogue social. Un vaste dialogue social, qui implique un maximum d’acteurs dans des villes comme El Alto ou Sucre, a permis de lancer de nouvelles initiatives visant à créer des emplois.


Lien vers la page du programme de Solidar en Bolivie (en espagnol)

 

Joachim Merz est le responsable du programme Bolivie de Solidar.